Comment choisir ses livres?

Samedi soir, une de mes (meilleures) copines m’a demandé comment je faisais pour choisir mes livres. Alors, face à mon verre de vin blanc, je me suis rendu compte que ce qui me semble tout à fait naturel depuis des années, non seulement ne l’était pas au début mais surtout que, finalement, ce processus de choix n’a rien de simple. On pourrait presque parler de « système de choix » (ça fait très chic en plus).

En fait, quand j’écris « système », ce que je veux dire c’est que « ça dépend ».
Il y a d’abord les livres que je repère en amont. Généralement ce sont les livres que j’ai le plus envie de lire et que je lis le plus vite. Comprendre : ce sont ceux qui passent le moins de temps sur la pile de livres en attente et ce sont aussi ceux qui, au départ, ont le moins de chance de finir leur vie sur les étagères de Gibert ou, pire, BookOff – mais un malheur peut arriver.

Exemple malheureux : il y a 7-8 ans, je regardais régulièrement l’émission « ça balance à Paris » sur Paris Première. A l’époque, c’était Pierre Lescure qui présentait et j’aimais bien. Toujours est-il que suite à deux émissions plus ou moins consécutives où les titres avaient été loués, j’ai acheté deux livres : Un très grand amour, de Franz-Olivier Giesbert et Le Système Victoria d’Eric Reinhardt. J’étais étudiante à l’époque et deux grands formats, ça vous fait dans les 40 euros, c’est quand même pas rien. Bref. Le premier m’est tombé des mains, je me souviens l’avoir trouvé déshonorant. Je n’avais jamais rien lu de FOG, je n’ai plus jamais rien lu de lui depuis et je pense m’en tenir là. En ce qui concerne le second, je vais être un peu plus longue. J’avais lu Le Système Victoria jusqu’au bout mais il m’avait posé un réel problème de morale. Je m’explique. En gros, Eric Reinhardt fait se rencontrer une DRH sans pitié et un directeur de travaux parti de rien. Tout le roman est construit comme ça sur un enfilage de clichés : le monde extérieur est réduit à un assemblage de clichés, le monde intérieur des personnages est cliché, leur psychologie est cliché, leur histoire… Bon, vous avez compris. J’ai revendu tout de suite le FOG et j’ai quand même gardé Le Système Victoria… Je ne sais même pas pourquoi (peut-être parce qu’il y a « système » et « Victoria » dans le titre?) . En vrai, sans doute parce que sa lecture m’a marquée. Pas dans le bon sens en effet… Mais le premier livre que vous avez détesté, ce premier livre dont vous êtes capable d’expliquer pourquoi il vous a posé problème marque, il me semble, un tournant important dans la constitution de votre esprit critique de lecteur – c’est à partir du moment où vous pouvez mettre au point une réflexion construite sur les motifs de votre colère à l’égard d’un titre et/ou d’un auteur que vous pouvez faire confiance à votre jugement parce que ça veut simplement dire que vous ne lisez plus de façon passive. Vous vous êtes forgé une personnalité de lecteur, un « profil ». Et une fois que vous savez ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas, il est tout d’un coup beaucoup plus facile de choisir!

NB: je dis du mal de ces deux romans mais d’autres lecteurs les auront aimés, certains diront même peut-être que le FOG est un chef d’oeuvre et que je me trompe en réduisant le Reinhardt à un cliché. Je pense qu’il est très difficile (à quelques exceptions près) de rendre un avis objectif et immuable (les avis sur la littérature évoluent avec le temps et l’Histoire, Dieu merci! Sinon nous n’aurions jamais pu lire La Philosophie dans le boudoir – smiley avec des lunettes d’intello) sur tel livre ou tel auteur. Je peux développer ma réflexion sur les clichés chez Reinhardt, aussi étayée soit-elle, elle trouvera toujours des contradicteurs… et c’est heureux! La littérature est faite pour vivre, pour être aimée, détestée, critiquée, encensée… Il vaut juste mieux éviter de la brûler ou de la censurer. C’est généralement mauvais signe quand on commence à se réchauffer les fesses avec des pages de Rousseau.

Donc, pour en revenir à notre sujet, les livres que je « repère » sont ceux dont j’ai entendu parler d’une façon ou d’une autre.
Je peux par exemple avoir lu quelque chose dessus qui m’a donné envie de les lire (Le Despote-consommateur de Yves-Paul Robert, « Réflexions sur un monde de communications »).
Et puis il y a les listes des prix de la rentrée qui donnent une indication sur les titres qui se distinguent, mais il ne faut pas trop s’y fier non plus (L’Art de perdre d’Alice Zeniter qui attend sagement depuis des mois sur sa pile).
Lire les « critiques » de livre (dans la presse, sur les blogs, sur des sites…) reste une bonne façon de vous faire une idée, pour savoir si un titre peut vous plaire ou non. Car si on peut avoir des surprises (bonnes ou mauvaises) quand on ne connaît pas un auteur et son style, si le sujet vous parle c’est déjà pas mal.

Depuis quelque temps d’ailleurs je prends les petits cahiers de sélection des librairies. Je lis les avis des libraires et je fais parfois une première sélection en fonction (ça m’occupe un peu à la façon des listes de noël). Généralement, dans ces avis, différents libraires donnent une idée du sujet mais surtout de la façon dont celui-ci est traité. Ils disent surtout pourquoi ce livre leur a plu et avec un peu de chance, ça me parle.

Même si, ne nous leurrons pas, rien ne vaut le flanage physique dans les rayons. Et rien ne vaut non plus un bon libraire qui vous connaît et qui saura vous conseiller en vous indiquant tel ou tel livre qui, pense-t-il, devrait vous plaire. C’est donc là qu’intervient le choix spontané, celui qu’on fait sur place, quand un livre s’impose un peu par hasard, en tout cas sans qu’on l’ait prévu. Pour moi, dernièrement, ça a été un essai de Maurice Daumas, Qu’est-ce que la misogynie? et un autre d’Antoine Compagnon, Les chiffonniers de Paris. 

Ce qui nous amène à parler de la dialectique librairie-Amazon.
Je suis cliente d’Amazon et j’ai tendance à penser que nier le e-commerce c’est renier notre temps, refuser d’évoluer avec la société. Amazon a été pour moi une vraie révolution quand j’étais en fac de Lettres parce que je pouvais avoir un livre obscur (et indisponible en librairie) le lendemain de ma commande. Et j’avais souvent besoin d’avoir accès rapidement à un texte. Je travaillais sur mes propres livres de poche, je n’empruntais pas en bibliothèque car j’avais besoin de pouvoir annoter (au crayon papier, ne hurlez pas). Ensuite, il y a le fait que je pouvais trouver, sur Amazon, des livres épuisés ou des thèses pointues que je ne trouvais plus nulle part ailleurs (parfois même plus chez l’éditeur, ni en bibliothèque).
Mais pour être honnête, depuis que j’ai fini mes études, je n’achète plus de livres sur Amazon. Mon usage du site marchand se résume à l’achat de DVD en import (« The Affair season 3″ que j’ai essayé de regarder en streaming mais je n’ai pas la patience pour attendre 3 secondes que la pub s’en aille etc.) et des jouets que le magasin de jouets n’a pas et qui mettraient trop de temps à arriver si je les commandais auprès du magasin. Je préfère donc acheter mes livres en librairie, surtout parce que je trouve parfois des titres étonnants et dont je ne soupçonnais pas l’existence avant de passer le pas de la boutique.
Mais, encore une fois, j’habite à Paris, c’est facile pour moi de vanter les commerces de proximité avec trois librairies différentes dans un rayon de 5 minutes à pieds, au moins 3 cavistes (poke Nora Hamzawi), 2 magasins de jouets…
Quand je me retrouve chez mes grands-parents, sur leur île de Bretagne, je suis bien contente qu’Amazon existe. Parce que le seul endroit où vous pouvez acheter des livres, c’est la maison de la presse (et le choix est, comment dire, exotique). La librairie de l’île a fermé il y a plusieurs années et personne ne l’a reprise. Je ne pense pas que ç’ait été une affaire très rentable en hiver…
Ma théorie, c’est que les gens qui avaient l’habitude d’aller en librairie et qui aiment ça continueront de le faire. Amazon c’est pratique mais ça n’est pas vraiment source de plaisir et puis il faut vraiment savoir ce que vous allez y chercher (les conseils à partir de vos achats précédents sont généralement assez nazes).

Enfin, je terminerais avec le dernier type de livres que je lis : ceux qui me sont offerts. Là, c’est plus hétérogène… Certaines personnes me connaissent bien et me font donc toujours plaisir (cf. Le fight club féministe, de Jessica Bennett offert par un collègue qui s’avère être aussi le papa de ma super copine) et puis il y a les gens qu’on ne connaît pas très bien et qui se risquent à vous offrir un livre. Et là, ça fait généralement assez mal. Pourtant ces gens-là se disent sans doute : « oh après tout, tu sais quoi, on va lui offrir un livre, on prend pas de risque! » ERREUR! Offrir un livre c’est prendre un risque, le risque suprême! (ok j’exagère un peu) Parce que le livre que ces gens-là vous offrent, il reflète l’image que ces gens-là ont de vous justement (et comment vous dire, ce n’est jamais très juste ni très flatteur).
Mais en vrai, plus personne ne m’offre de livres à part mon mec, le papa de ma copine et les gens à qui je donne des conseils en amont. Tous les autres ont d’ailleurs arrêté de me faire des cadeaux tout court, je me demande bien pourquoi…

Review #6 / « Heather, par-dessus tout » de Matthew Weiner

« Je me suis dit que tu allais aimer, c’est le créateur de Mad Men« .

C’est ce qu’on m’a dit quand on m’a présenté Heather par-dessus tout de Matthew Weiner. C’est vrai, j’aime beaucoup la série même si je n’en ai vu que les premières saisons. Mais ce qui est rigolo dans l’affaire, c’est que du coup j’ai regardé le livre comme quelque chose de très différent de ce qu’il est en réalité.

Ce phénomène a tout à voir avec « l’horizon d’attente », un concept sociologique appliqué à la littérature par un mouvement critique qu’on a appelé « l’Ecole de la réception » et qui explique, en gros, que quand on lit un livre, on arrive avec son bagage personnel. Ce qui veut dire que nous, lecteurs, influençons ce que nous lisons par notre subjectivité.
Exemple: on me présente le récit comme un roman donc je pars du principe que je vais lire de la fiction, quelque chose qui a été inventé par l’auteur (c’est un peu le problème pour des livres comme La Disparition de Josef Mengele, d’Olivier Guez, qui est estampillé roman alors que les trois quarts sont un compte-rendu de recherches).
Dans le cas présent, on me dit que l’auteur est le même que celui qui a créé Mad Men donc je me dis que je vais lire un récit qui se situe dans les années 60 avec des femmes dactylo et des hommes publicitaires qui les méprisent plus ou moins. Je m’attends à une intrigue qui touche le couple, la société et ainsi de suite.

Or Heather par-dessus tout est l’histoire d’un père dans le New York d’aujourd’hui. Un homme qui n’a rien à voir avec Don Draper, et qui veut à tout prix protéger sa fille. Mais je ne vais pas mentir, le couple passe bien à la casserole, il est « égratigné » comme l’indique très justement la 4e de couverture et il est le terreau même du drame.

Sans spoiler, je peux quand même résumer : Heather est la fille de Mark et Karen, un couple tardif qui a vécu sa naissance comme un miracle. Karen a cessé d’exister, elle ne vit plus que pour sa fille qu’elle ne lâche pas d’une semelle. Mark, quant à lui, est un homme plutôt médiocre mais qui, étonnamment, réussit dans la finance (il en est le premier étonné). Sans plaisir aucun, il voit sa femme s’éloigner de lui et éloigner de lui, du même coup, la petite Heather. La famille vit confortablement dans le New York des riches, même si le couple est perpétuellement au bord de l’implosion. Puis Heather grandit, sa mère ne peut plus la suivre à la trace. Et c’est là que Bobby entre en scène : petit génie élevé par une mère célibataire toxicomane, l’enfant devient vite un ado délinquant dont le fantasme suprême est le viol suivi de meurtre.
Les trajectoires de ces deux personnages aux antipodes se rencontrent quand Bobby trouve un job sur le chantier du ravalement de l’immeuble de Heather. Il se met à l’épier et ses fantasmes le submergent peu à peu. Mark, qui comprend le drame qui sourd, va tout faire pour l’empêcher, sans aucun secours d’une Karen complètement aveugle.

Si vous voulez savoir si le père réussira à sauver sa fille, achetez, empruntez ou faites-vous offrir le livre (un charmant petit format chez Gallimard). Moi j’ai adoré!

Heather par-dessus tout, roman de Matthew Weiner
Gallimard, 135 pages,
14,50 euros
Paru le 2 novembre 2017

Review #5 / Irving, y en a des bons et y en a des moins bons

Je n’ai pas lu tout John Irving. Parmi les livres que je connais et dont je me souviens distinctement, je citerais Le Monde selon Garp (comme tout le monde, ou presque) et A moi seul bien des personnages (comme pas grand monde).
Un critique littéraire de ma connaissance m’a dit sagement l’autre jour « Irving y en a des bons et y en a des moins bons. » Ca résume assez bien la situation.

J’ai adoré le premier, le couple que forment Garp et Jenny, le côté « je veux bien avoir des enfants mais tu t’en occupes » venant (pour une fois) d’une femme. J’ai été rassurée en lisant que Jenny décidait d’arrêter de chercher à devenir romancière parce que c’était trop dur pour elle, parce qu’elle n’arrivait jamais à finir d’écrire les romans qu’elles entamaient (oui, ça me parle… mais je n’abandonne pas! Un jour peut-être…).

Ce qui reste en moi de ces personnages c’est leur facilité innée à accepter ce qu’ils sont et les limites qui sont les leurs. Parce que moi je travaille dur pour effacer le L de loser que j’ai tracé comme une grande sur mon propre front (et que je retrace tous les matins intérieurement).

J’ai adoré la bibliothécaire transexuelle (même si cette figure revient un peu trop régulièrement – bien que sous différents alias – dans l’oeuvre d’Irving) et tout l’univers littéraire un peu déglingué de A moi seul bien des personnages.

Ce que j’aime dans l’œuvre d’Irving, c’est sa philosophie positive, cette ode à la singularité qui vous dit « tu peux être toi et être heureux, en dépit des épreuves ». Tu peux être une femme même si ton phallus n’a rien de symbolique. Tu peux devenir un auteur reconnu même si ta vie est relativement pauvre. Parce que des épreuves, ils en vivent tous, ces personnages, mais ils les surmontent. « Every cloud has a silver lining » as they say.

En gros, j’aime l’univers d’Irving, les personnages qu’il anime et leurs comportements pour le moins imprévisibles, sa façon d’insérer du tragique dans un contexte loufoque (ou l’inverse, je ne sais plus) et l’omniprésence des livres et de la littérature dans ses romans. C’est toujours agréable à retrouver pour un(e) bibliophile (ndlr: pour moi bibliophile égal quelqu’un qui a fait de la lecture le but de sa vie, quelqu’un qui a honte de dire qu’il n’a pas fini Ulysse de Joyce (alors qu’ils doivent être trois à y être arrivés) ou qui paie ses livres par chèque de peur que son conjoint se rende compte que la banqueroute familiale n’est pas la faute des impôts).

Mais pour revenir à nos moutons, j’ai mis du temps à rentrer dans Avenue des mystères. En fait je ne suis même pas sûre d’être véritablement « rentrée » dans Avenue des mystères, le dernier en date…

9782021299786

Le livre est gros et je pense parler au nom de tous si je dis que la grande crainte quand on s’attaque à un pavé de 600 pages c’est de s’ennuyer. Or oui, en toute humilité (qui suis-je pour dire que Irving m’ennuie? – pour Joyce on a tranché, je suis juste comme tout le monde), je me suis un peu ennuyée, même si je n’ai pas lâché (j’essaie toujours de tenir bon quand un récit ne m’accroche pas parce que je sais que si je l’abandonne en cours de route, c’est ma prochaine lecture qui en pâtira : je ne lui laisserai que peu de chances de me convaincre et je risque de l’abandonner encore plus vite que l’ouvrage précédent – et ça veut dire soit que je vais devoir classer dans ma bibliothèque un livre que je n’ai pas lu, ce que je déteste, soit que je vais devoir le donner ou le revendre).

L’intrigue est particulièrement lente et peu élaborée (pardon, c’est un peu dur, je m’en rends compte en me relisant – mais vous remarquerez que je n’ai pas effacé pour autant) et même les personnages qui font le talent d’Irving sont cette fois un peu faibles.

On s’attache à Juan Diego Guerrero et à sa sœur Lupe qui est une extralucide hyper touchante qui lit dans les pensées de tout le monde (même des animaux) et qui peut plus ou moins prévenir l’avenir dans ses grandes lignes.
On les rencontre quand ils sont encore des enfants de la décharge à Oaxaca (au Mexique) et on adore Edward Bonshaw, le prêtre américain qui tombe la robe pour vivre avec Flor, une femme qui a gardé des attributs masculins. Il est une bouffée d’air frais aussi bien pour les personnages que pour nous, lecteurs.

Certains épisodes sont marquants et, quand on y est, ils nous rappellent pourquoi on continue de lire ce livre qu’on aurait sans doute laissé tomber s’il ne s’agissait pas d’un John Irving. Il faut se rendre à l’évidence. Mais, et j’en suis triste, le sentiment qui m’est resté, c’est que je n’avais lu qu’une énième déclinaison des thèmes récurrents dans l’œuvre d’Irving et que je n’avais fait que suivre les divagations d’un auteur dont l’imagination part un peu en roue libre.

Pourtant j’ai découvert avec beaucoup d’enthousiasme Guadalupe, la vierge sombre, et la rivalité qui l’oppose à Marie (à qui la petite Lupe, fan de Guadalupe (d’où le nom – ou bien l’inverse), voue une haine sans limite mais loin d’être immotivée). J’aime toujours bien croiser des jésuites dans des romans, ils font toujours le job.
Mais la sexualité de Juan Diego vieillissant, qui s’amuse à alterner ses prises de médicaments avec celles de Viagra pour continuer à bander et pouvoir copuler avec des succubes, ça ne m’a franchement pas transportée. (Alors que je me suis toujours opposée à l’idée qu’un romancier qui ne serait plus dans la fleur de l’âge ne pourrait plus parler de désir que dans un contexte névrotique et répugnant – ce que la critique a reproché aux derniers Philip Roth que j’ai, quant à moi, savourés avec délice).

Morale de l’histoire : un livre qui se lit si on a du temps pour en étaler la lecture. Mais certainement pas le livre avec lequel découvrir John Irving!