Mais pourquoi donc, est-ce que je n’aime pas les mangas?

Au risque de débuter tout ce que j’écris par une assertion négative, je dois quand même dire que je n’aime pas lire de romans graphiques.
Je ne lis que très peu de bandes dessinées et je n’avais jamais lu de manga. Ce n’était pas vraiment de ma génération (1988 représente) et puis ce n’était pas mon style, ni celui des gens que je fréquentais quand j’aurais eu l’âge d’en lire. A posteriori, j’aurais vraiment aimé traîner avec des gens qui lisaient des mangas, qui faisaient du skate et s’habillaient gothique.

Et puis un jour, « à mon travail » (comme disent les enfants qui se prennent pour des adultes, ou les adultes qui sont restés des enfants) j’ai rencontré la fille d’une collègue, fan absolue de mangas. C’est une adolescente que j’aime bien parce qu’elle me fait penser à moi (oui, je suis autocentrée, ça arrive à des gens très bien). Donc je me suis dit que peut-être qu’en ne lisant pas de mangas je passais à côté de quelque chose. Que peut-être, aussi, il n’était pas trop tard pour être une fille qui lit des mangas, qui fait du skate… Mais je ne suis pas du tout prête à devenir gothique, je pense qu’il est temps de me faire à l’idée: je ne le serai jamais.

Seulement voilà, quand vous ne connaissez absolument rien à un genre, c’est assez dur de vous lancer. J’aurais pu demander à un(e) libraire mais là encore, je ne savais pas, mais alors pas du tout, où trouver une librairie qui vendait des mangas et qui pourrait m’aiguiller. Donc j’ai regardé un peu chez les « bloggeuses littéraires », pour voir quels mangas ça lisait, ces gens-là.

Le Maître des livres. Ca c’est un titre qui m’a plu. Et la couverture, avec ces livres partout et ce bibliothécaire perché sur son échelle… c’est un peu la pute à click des littéraires. Bref, j’ai commandé le tome 1 et wow! Quelle lecture joyeuse, divertissante et prenante !
L’histoire est top : dans une bibliothèque pour enfants, un homme entre un jour. Il n’est plus un enfant mais l’a-t-il jamais été? En découvrant cette littérature qu’il ne connaissait pas, qu’on ne lui a pas fait découvrir à l’âge habituel, il se développe, mue comme un papillon. Et dans cette bibliothèque, on rencontre avec lui les bibliothécaires, le personnage énigmatique et quand même attachant de Mikoshiba « le champignon » et aussi tous ces enfants qui passent avec ou sans leurs parents.
C’est une série sur l’importance des livres et de la littérature pour tous, à tous les âges. Sur le rôle majeur qu’ils peuvent jouer dans une vie, dans une société, dans un monde. Un vrai plaisir.

J’ai fini le tome 3 et j’attends un peu pour acheter le tome 4. Ce qui me plaît, c’est que j’ai prêté ces trois premiers volumes à la jeune fille qui m’a donné envie de lire des mangas et que, elle aussi, elle adore.

Enfin, je dois quand même ajouter quelque chose. J’ai compris pourquoi je n’aimais pas lire de romans graphiques etc. C’est parce que je trouve ça dur de lire en devant, en même temps, regarder (admirer, comprendre) une image. C’est un peu comme voir un opéra surtitré… ça demande un vrai effort. Mais après tout, peut-être qu’à force, on prend l’habitude! (pour l’opéra je ne sais pas, je m’endors à chaque fois)

Review #3 / « Journal d’Anne Franck » d’Ozanam et Nadji

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Ozanam (scénariste) et Nadji (dessinateur) sont inconnus du grand public, Anne Frank est, elle, un monument international. Le Journal fait le tour du monde depuis des décennies, on le connaît sinon par cœur, du moins de nom.

Pas besoin d’être allé à Amsterdam visiter la maison des Frank pour penser connaître l’histoire et le destin tragique de la jeune fille. et pour avoir cette étrange impression dont on a parfois un peu honte : celle de savoir ce que c’était que de vivre caché, à seulement quatorze ans, dans une annexe de bureaux en compagnie de sa famille, d’une autre et d’un homme aigri.

Et pourtant, on ne sait par quel truchement, ce roman graphique nous transporte là-bas. Dans cette petite maison cachée et à cette époque-là. Le journal intime publié par le père d’Anne à son retour, seul, des camps, marque un tournant dans la vie d’une partie des adolescents qui l’abordent au collège, peut-être un peu trop tôt. Cette adaptation tout en légèreté et en finesse offre un nouveau moyen de transmettre cette histoire qui, à elle seule, donne à lire et à vivre une partie majeure de la grande Histoire.

Ce livre, à mi-chemin entre le roman et la bande dessinée, était une brillante idée de ses auteurs. C’est désormais un merveilleux outil pédagogique qui permettra sans doute à de nombreux adolescents peu portés sur la lecture de découvrir une page sombre mais essentielle de notre histoire.

 

Journal d’Anne Frank. L’Annexe : notes de journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944
Roman graphique, récit complet par Ozanam et Nadji
Éditions Soleil, 144 pages
17,95 euros
Paru en janvier 2016